An art fair looking for a new framework / The Outsider Art Fair

(Version française au http://on.fb.me/1nYPS66)

For its second New-York edition under the auspices of Wide Open Arts, the Outsider Art Fair offered us a great journey into the roots of art brut, but sometimes had difficulty to redefine its true mission with respect with the current actuality of this aesthetic.

Outsider arts – art of the marginals, self-taught art, art hors-les-normes, art that do not fall into a Western chronological art history are celebrated this weekend in New York. Some galleries shy away completely from opening up to proposals that reflect on the place now occupied by this aesthetic of often vague contours. Unfortunately, numerous galleries, among which the most deeply rooted and respected, still do not dare to detach themselves from a didactic discourse promoting outsider art as a legitimate expression and try to lather up the market value of leading artists of the « movement ».

Consequently, there are more than six different galleries offering works of Henry Darger, an artist already part of the collection of MoMA, who died in 1973 and on which the event offers a roundtable. Many galleries collide, simultaneously offering to see works by Bill Traylor, Joseph Yoakum, Martin Ramirez or Minnie Evans. Some galleries strictly offered the work of disappeared artists and no discoveries, while most of the exhibitors seemed compelled to demonstrate their legitimacy by placing a minimum amount of classical art brut. We are curious to know the reasons for such a posture, when we know that most current art fairs compete in the spectacular and living artists. With over ten visual arts fairs this weekend in New York (NADA, Frieze, Downtown etc.), why would the OFA adopt such a museum attitude and fail to generate sales beyond ticketing?

How is it that the key players of current art brut ignore the new manifestations of marginality like that of more and more female artists trying to liberate themselves from universities constraints and art market gambling, countless social dropouts with true talent and living artistic expression as a valve against mental depression or consumerism. That’s not mentioning the new crazy people, said without prejudice, who still choose art brut to stay alive. It is argued that mental illness would soon count for 50% of healthcare costs in Western countries. So why must we always put forward Aloise, Marcel Storr or Adolf Wölfli to qualify for authentic outsider art?

When we saw the prodigious variety of proposals offered by the two editions of the exhibition Hey! at Paris Halle Saint-Pierre; when we see how Raw Vision magazine which is the true barometer of this aesthetic, renewed its offerings by publishing a lot of portraits of living artists; where were all the artists who offers such wonderful stuff at AVAM? One wonders why the Outsider Art Fair now seek to embody a kind of stronghold.

We wish to mention the curating work of Cavin-Morris Gallery presenting Corentin, the Staelens, Knopf or Sefolosha; galerie Bourbon-Lally with Postic, Grgich, Belardinelli and Birobent; Laura Steward presenting Richard Kurtz. Pure Vision Arts in Manhattan offered some nice surprises. We got a sneak peak of Gérard Sendrey or Francis Marshal, but even those living guys are already « brutisés ». Finally, where were the Danielle Jacqui, Marie Morel, Ody Saban, Vanessa German? In my view, the proportion of risk-taking must be reversed completely to avoid a mummified Outsider Art Fair and along with it all the stakeholders of current art brut. To be continued.

Bourbon-Lally booth showing Postic, Grgich, Birobent, Sultan

Bourbon-Lally booth showing Postic, Grgich, Birobent, Sultan

3 commentaires @ “An art fair looking for a new framework / The Outsider Art Fair”

  1. Philippe 27 mai 2014 @ 06:09 #

    Jean-Robert,
    bien que nous nous soyons vu à l’OAF et ayons partagé quelques avis, je ne suis pas certain d’avoir vu la même foire que toi. Si sur le stand de la Galerie du Marché, reconnu par beaucoup comme un des plus beaux, en autre par « Art in America » et toi-même je crois, il y avait quelques Aloîse, je n’en n’ai pas vu d’autres dans toute la foire. Il y avait aussi un Woelfli, mais un seulautre sur un autre stand. Marcel Sorr n’était présent que dans une galerie et je crois que c’est la première fois qu’il est exposé hors de Paris. Sache donc que « Les Aloise, Storr et autres Woelfli » n’étaient pas vraiment mis en avant. Sache aussi qu’à New York, près de trois visiteurs sur quatre ne savent pas qui est Aloïse.
    Quant aux découvertes, encore une fois nous n’avons pas vu la même foire! Outre Carlo, Soutter, Wittlich, Crépin, Aloïse et Woelfli, la Galerie du Marché montraient aussi des Gaston Teuscher qui bien que classique et exposé à l’art brut en 1981, n’avait jamais été montré avant 2013 à New York et a ainsi intégré de nombreuses collections privées; En vue aussi, des œuvres de Yves Jules, Anglefort, Braillon, Helmut et pour les filles Carole Bailly, Martine Copenaut et Marguerite Burnat-Provins. Pas vraiment des « classiques ».
    Sur les autres stands nous avons fait de nombreuses découvertes. Chez Pure Vision, pour parler des « nanas » une jeune autiste du nom de Nicole Appel. Nous avons acheté 3 magnifiques dessins lors du vernissage. Nicole travaille de manière sérielle, dessinant et déclinant des objets de la vie courante. Une révélation qui n’aurait pas dû t’échapper.
    Hervé Perdriolle présentait d’extraordinaires peintures tantriques anonymes et de petits dessins « Mritu Pat » de l’est de l’inde. Rizzomi montrait Di Giovanni, et « autres » Raugei, pas vraiment connus de tous!
    J’ai aussi découvert des dessins de L.C. Spooner, un inventeur « fou » du début du vingtième siècle, des artistes brésiliens montrés par la Galerie Estaçao, pour sa première participation à l’OAF.
    Outre Yokiko Koide, venant aussi du Japon, la galerie Megumi Ogita présentait les dessins de Kanazawa. Enfin, une présentation muséale de l’artiste néo-zélandaise Suzan Te Kahurangi King, par Chris Byrne, avec des dessins datant des années 50 représentant de manière surprenante et inventive Donald Duck.. Une autre révélation pour ceux saturés par les « stars et les classiques »; et ces œuvres n’étaient même pas à vendre!
    Daniel Baumann et Muksian, présentaient, dans un espace non commercial, deux créateurs qui furent de l’avis de tous de véritables révélations. Lewis Smith, si aperçu chez American Primitive Gallery et dans les œuvres que nous avons déposées au LAM, reste très peu connu aux Etats-Unis. De John Urho Kemp, connu sous le nom de Crystal John, décédé en 2010, nous étaient montrés, et pour la première fois accessibles au public , des centaines de documents représentant des spéculations cosmiques et philosophiques.
    Voilà une partie de ce que tu n’as pas vu ou pas voulu voir.
    Pour ce que tu as vu, encore une fois, ce n’était probablement pas la même foire : « on croise furtivement UN Gérard Sendrey »; chez Dean Jensen, j’ai vu 6 (six), 6 magnifiques calames de Gérard, rayonnant sur une paroi, avec pour seule voisine une peinture de Tourlonias. Deux collectionneurs américains se sont partagés les dessins de Gérard; elles orneront leurs murs et leurs amis les découvriront !
    Au fait, Jean-Robert, la prochaine fois, nous iront boire une bière, je te ferai part de mes découvertes et tu m’expliquera ce que tu veux dire par « brutisés ».
    Donc beaucoup de découvertes et aussi des prises de risque. Comme tu as une galerie, je te suggère de prendre un stand et de venir nous rejoindre à l’OAF de Paris en octobre ou/et à New York en 2015. Pour la prise de risque, je te suggère de venir avec quelques classiques, pour financer les quelques 15 à 25 mille dollars que te coûtera cette magnifique expérience qui te permettra de faire découvrir les Jacqui, Saban et « autres » poulains, et qui nous permet, à nous, de faire découvrir les artistes que nous aimons, tant à des collectionneurs fortunés qu’ à des amateurs ou à de simples curieux.
    Cordialement,
    Philippe

    • Jean-Robert Bisaillon 27 mai 2014 @ 10:29 #

      Merci Philippe pour cette réaction étayée! C’est exactement ce que je cherchais à générer par ma publication. Tu es bon joueur, les gens de la Outsider Art Fair n’ont pas profité, pour leur part, de cette perche tendue pour exprimer leur vision à long terme de l’événement. Je ne chercherai pas trop à rectifier tes propos – car si notamment je n’ai pas dit que les Aloïse, Wolfli ou Storr étaient en soi, sur-représentés, mais plutôt une nécessité pour être pris au sérieux – l’idée est plutôt de savoir si je ne soulèves pas tout de même quelques pistes avec lesquelles tu puisses éventuellement être d’accord.

      J’aurais bien aimé aller boire cette bière ou ce café dès cette première rencontre, mais vous étiez sérieusement occupés, selon tes mots, à “ne pas laisser passer le bon client”. À vrai dire, avec des coûts de location de stands de 11 000 $USD à 25K Euros (selon les différentes versions), je comprends à la fois que les jeunes artistes n’aient pas toujours été accrochés sur les murs ou listés dans le catalogue officiel, je comprends aussi que tu n’aies pas eu le temps pour cette bière.

      C’est ce que je reproche à la OAF. Elle n’a pas réussi, ou encore souhaité offrir une formule qui soit en phase avec les réalités de la nouvelle création outsider (et je ne remets pas en question ta liste d’artistes moins connus – il en manque même). Elle joue le rôle qui lui est désormais dévolu de constituer une élite au sein de ce créneau. Si l’on en croit l’histoire de l’humanité, l’émergence de telles élites est une presque nécessité et c’est ainsi que pourront émerger de nouvelles tangentes, de nouveaux acteurs, de nouveaux artistes et de nouvelles marges. C’est l’évolution des espèces. Dommage toutefois que la OAF ne puisse incarner à la fois un certain star-system de l’art brut et une nouvelle vision de celui-ci.

      Car enfin tu l’affirmes toi-même, une Aloïse est encore peu connue. L’art brut ne possède pas véritablement les gènes pour devenir un star-system. C’est un art populaire, de pauvres, d’autodidactes parfois maladroits et de passionnés comme vous en êtes à la Galerie du Marché. Or je trouve dommage que la OAF ne soit pas davantage cette fête et cet hommage à la création libre de contraintes qu’elle se devrait d’être.

      Pour ce qui est de se retrouver voisin de stand à la OAF de Paris l’automne prochain, ce sera dans tes rêves seulement. Car si j’avais ce genre de fric, j’en ferais autre chose. Aussi, comme je te l’ai dit et que tu sembles ne pas avoir entendu ou voulu entendre, nous avons des engagements en Suisse au même moment. Salutations. JR

      • Philippe 27 mai 2014 @ 11:52 #

        Ravi de voir que nous sommes d’accord. Je réagissais et polémiquais en affirmant que tu n’avais pas vu la même foire.
        Je répondais aussi pour dire à tous ceux qui te lisent, qu’il y avait beaucoup de découvertes à faire!
        Je sais que les amateurs regardent, observent et se nourrissent de ces découvertes et que comme tous, tu en as faites.
        Je ne crois pas avoir dit «laisser passer le bon client ». Les gens savent ce qu’ils veulent et avec la qualité que nous avions, tu en conviendras, il n’est pas nécessaire de faire le boutiquier, ou de forcer la main. Nous n’avions effectivement pas la possibilité de quitter le stand pour boire une bière, même nord-américaine, car nous avons été occupés à montrer, à faire découvrir, à expliquer les nombreux artistes, encadrés et accrochés aux murs ou sortis des portfolios pour être dévoilés aux nombreux visiteurs.
        Qu’ils soient amateurs sans le sou, étudiants, curateurs, collectionneurs, anciens collectionneurs, vieux artistes du quartier (il y en a encore !), à Paris comme à New York, le matin comme en fin de journée, nous avons toujours pris le temps pour tous et toutes. Je crois même, par nos explications et notre enthousiasme, avoir changé la perception ainsi que la vie d’un jeune homme qui, au dernier moment du dernier jour, alors que nous étions fourbus et fatigués, nous demandait « c’est vous qui avez fait tous ces dessins»?
        Et cette passion, Jean-Robert, tu la comprends, puisque tu la partages.

        Pour revenir sur le fond, je pense qu’Andrew Edlin, qui organise la foire, comprend qu’il faut aussi faire preuve d’audace. Et c’est pour cela que des galeries comme Creative Growth ou Pure Vision sont invitées et que des expositions comme celles de Mario del Curto ou Daniel Baumann sont possibles.
        Alors si tu viens à l’OAF de Paris, ou l’année prochaine à New York, nous te montrerons les fabuleux dessins d’Anglefort, que personne ne connaissait il y a 3 mois ou les éventuelles découvertes que nous aurons faites d’ici là!
        A bientôt.
        Philippe

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